Chroniques

La Ballade de l’enfant gris – Baptiste Beaulieu

Cet ouvrage ne faisait pas partie de ma liste de lectures, il m’a été conseillé par Amazon au vu de mes précédents achats (le marketing aura ma peau !). A lire la 4e de couverture, j’étais désireuse d’en découvrir davantage et étais persuadée qu’il s’agirait d’un témoignage du quotidien de Baptiste Beaulieu.

Je peux vous dire que j’étais bien loin de la vérité !

Je m’étais sans doute imaginé trop précisément la lecture mais j’en ressors très mitigée et c’est bien dommage ! Je pense que la plume de l’auteur parfois très détaillée, la multitude de personnages qui n’ont pas toujours une grande valeur ajoutée et l’alternance entre deux temporalités dans le texte n’ont pas joué en ma faveur.

 

Venons-en au récit !

La Ballade de l’enfant gris n’est pas un témoignage mais plutôt un conte, un voyage initiatique, mêlant poésie et philosophie, réalité et imaginaire. Nous sommes plus proches du Petit Prince que d’une histoire de vie.

Ce format m’a déroutée dès les premières pages et j’ai eu beaucoup de difficultés à m’y acclimater, tout comme le fait d’assimiler No’ à un fantôme.

No’, de son vrai prénom Noah, est un petit garçon de 7 ans, hospitalisé de longue durée et malheureusement condamné. C’est un garçon attachant, amoureux des histoires, qui cherche à se changer les idées. Au-delà d’être hospitalisé, No’ est surtout très seul car sa maman Maria ne lui rend visite que très rarement et il ne comprend pas pourquoi elle « ne l’aime pas ».

Jo’, Jonas, est interne dans le service de No’ et se prend d’affection pour ce dernier. Il l’aide à se changer les idées en inventant des bêtises pour énerver toujours plus l’infirmière en chef, lui raconte des histoires et le rassure.

Au fil du temps et de leur relation, Jo’ a plus de plus de difficultés à supporter l’absence de Maria, la maman de No’. Il ne parvient pas à percer le mystère de cette femme et en fait une obsession personnelle, jusqu’à la Déchirure, c’est à dire le décès de l’enfant.

Cette lecture est spéciale car elle alterne des chapitres se déroulant avant et après la Déchirure. Il faut donc alterner sans arrêt entre deux temporalités, entre un No’ vivant et un No’ fantôme.

Suite à la Déchirure, Jo’ décide de se lancer dans une quête pour rendre No‘ à sa maman. L’enfant est bien évidemment du voyage, en tant que fantôme, et petit à petit, il va en apprendre davantage sur ses origines, tout comme Jo’ va comprendre plus précisément les raisons poussant Maria à ne pas être plus présente au chevet de son fils.

L’interne et le garçon vont perdre tous leurs repères au cours de cette quête, qui va les emmener à Rome dans une pension haute en couleurs, puis à Jérusalem, pour se rapprocher au plus près de la vérité. Petit à petit et au fil de leurs rencontres, Jo’ va se (re)construire et voir la vie sous un nouveau jour. De son côté, No’ va se détacher lentement du jeune médecin.

Comme beaucoup de mes dernières lectures, c’est bien l’amour qui triomphe dans cet ouvrage. Nous sommes face à une grande histoire de vie, dans un voyage initiatique qui forge les êtres et les ramènent à leurs racines.

Cette histoire n’est pas heureuse et certains passages sont assez difficiles émotionnellement. Le fait que l’un de nos deux protagonistes soit un enfant malade ne facilite en rien cette situation et nous nous sentons désarmés, aussi bien face à la maladie du garçon que face à la détresse de la maman et à la tristesse du médecin.

Dans cet ouvrage, le médecin dépasse les limites conventionnelles et développe une grande affection pour le garçon, ce qui le perdra. La question de la relation soignant / soigné est donc clairement posée, et toutes les difficultés qu’elle peut engendrer sont mises en avant.

Ce livre est reste une belle leçon, un joli conte qui peut être interprété de mille et une manières et je vous recommande de le découvrir, pour vous faire vous-même votre opinion, et l’imaginer aussi à votre façon.

Peut-être avez-vous déjà lu d’autres livres de Baptiste Beaulieu ? Dites-moi !

 

Ma note

 

La ballade de l’enfant gris, Baptiste Beaulieu, Livre de Poche, 384 pages.

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