Chroniques

La tatoueur d’Auschwitz – Heather Morris

Vous ne le savez peut-être pas encore, mais je suis une passionnée de lectures autour de la Seconde Guerre Mondiale, et particulièrement toutes celles qui touchent à la déportation. J’ai l’impression de ne jamais lire assez sur le sujet ! C’est une manière pour moi d’être sensibilisée à la barbarie qui a eu lieu dans les camps durant des années, et de ne pas oublier, même à mon petit niveau.

Je lis donc régulièrement des ouvrages à ce sujet, mais depuis janvier, c’était la panne sèche et il était temps d’y remédier ! J’ai découvert le Tatoueur d’Auschwitz sur Instagram, grâce au compte de Boulimique Littéraire qui en parlait à plusieurs reprises et qui semblait vraiment ravie de sa lecture.

Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il en va de même pour moi !

 

 

Le tatoueur d’Auschwitz est une belle histoire, même s’il est délicat d’employer le terme « belle » lorsque l’on pense au cadre du récit. Ceci-dit, c’est une histoire vraie, une histoire d’amour, de passion et de solidarité. C’est une histoire vraie car cet ouvrage est issu du témoignage de Lale Sokolov, recueilli par Heather Morris, journaliste. Initialement destiné à la TV, il devient finalement un très bel ouvrage.

Lale, notre protagoniste est slovaque et a été déporté à Auschwitz alors qu’il était agé de 26 ans. C’est un homme qui, avant sa déportation, vivait dans un certain confort, avait le goût des belles choses et aimait prendre de soin de lui. C’est un homme fort, débrouillard et chanceux aussi, il faut le dire. Peu de temps après son arrivée au camp, Lale devient le « Tätowierer », en charge de tatouer les nouveaux arrivants à Auschwitz.

Gita est aussi slovaque, déportée à Auschwitz à l’âge de 17 ans, elle travaille d’abord dans l’entrepôt « Canada », destiné à trier les effets personnels des déportés. Sa rencontre avec Lale lui permettra de gagner en confort et très certainement de lui sauver la vie.

Sans vous révéler le contenu ni la fin de ce récit qui mérite largement d’être lu, je tiens à dire que c’est une belle histoire, qui symbolise l’espoir et la vie, au-delà de l’amour. C’est évidemment un récit dans lequel on retrouve en toile de fond toutes les atrocités des camps de la mort, des fusillades aux expériences du Dr Mengele, en passant par les sélections, la déshumanisation, la famine et le Typhus.

Le cadre de l’histoire est bien évidemment très noir et nous ne pouvons réaliser à quel point la vie était difficile dans cet endroit. Bien que les descriptions soient éloquentes, la barbarie prodiguée à cette époque nous semble encore aujourd’hui parfois inconcevable.

J’ai beaucoup aimé nos deux personnages principaux, Gita et Lale. Jeunes, mais ayant très vite perdu leur insouciance, ils s’accrochent à la vie, à l’amitié, à l’amour et bien évidemment, l’un à l’autre et c’est vraiment beau à voir. Les amies de Gita sont elles aussi particulièrement émouvantes, notamment Cecilia qui vit de son côté des atrocités d’un tout autre genre, qui la poursuivront toute sa vie.

J’ai trouvé l’optimisme de Lale très beau, car dès son entrée dans les camps il s’est persuadé d’en ressortir vivant et a répandu cette idée à qui voulait bien l’entendre. Alors que d’autres ont jeté l’éponge dès le début, il est resté accroché à cette conviction.

Les nazis cités dans cet ouvrage sont assez déconcertants. Certains sont bien évidemment bêtes et barbares du début à la fin, avec une soif de tuer extrême, mais d’autres se révèlent plus « conciliants » voire compréhensifs (contre des morceaux de chocolat, un saucisson ou des bijoux, bien évidemment !).

Vous l’aurez compris, je vous recommande complètement cette lecture, qui est une manière plutôt soft d’appréhender la question de la vie à Auschwitz et de l’après-Auschwitz. N’oublions pas que pour certains déportés il y a eu un après et cela n’a pas été tout rose, bien que cela soit un pan de l’histoire moins évoqué.

Lale m’a beaucoup émue, il nous livre ici un témoignage extrêmement précieux, un vrai morceau d’histoire (avec un grand « H », mais aussi d’histoire d’amour), à conserver bien au chaud.

Et vous, avez-vous des lectures à recommander sur cette thématique ?

 

Ma note

 

Le Tatoueur d’Auschwitz, City Editions, 2018, 272 pages

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *